« Bénin. Aller-retour. Regards sur le Dahomey de 1930 » – Une exposition à ne pas manquer

Un voyage ethnographique exceptionnel (Dahomey, 1930)

Le musée départemental Albert-Kahn (Boulogne-Billancourt) présente une exposition temporaire remarquable : « Bénin. Aller-retour. Regards sur le Dahomey de 1930 », retraçant un projet ethnographique unique. De janvier à mai 1930, le père Francis Aupiais (1877-1945), prêtre de la Société des Missions Africaines (SMA), parcourt le Dahomey (actuel Bénin) aux côtés du cinéaste Frédéric Gadmer, dans le cadre des Archives de la Planète initiées par Albert Kahn. Pendant quatre mois et demi, ces deux hommes sillonnent le pays – de Porto-Novo à Abomey, en passant par Cotonou et Ouidah – et rapportent un trésor documentaire : plus de 1 100 photographies en couleurs (autochromes sur verre) et 140 films, représentant près de huit heures et demie d’images.
À travers ces autochromes, films inédits et documents rares, l’exposition fait revivre cette aventure hors du commun tout en interrogeant le regard porté à l’époque sur les cultures extra-européennes, dans un contexte colonial et aux débuts de l’ethnographie.

Francis Aupiais, un missionnaire visionnaire et humaniste

Cette démarche s’inscrivait pleinement dans le projet humaniste d’Albert Kahn. Séduit par l’initiative de ce prêtre atypique, le mécène finança la mission de 1930 à la demande du père Aupiais. Loin d’y voir une contradiction avec sa mission évangélique, celui-ci poursuivait un double objectif : documenter l’évangélisation en cours au Dahomey, tout en révélant la grandeur de la civilisation dahoméenne aux publics occidentaux.

C’est dans cet esprit qu’il supervisa la réalisation de deux longs métrages en 1930 : Le Dahomey chrétien (film de propagande missionnaire sur l’Église naissante) et Le Dahomey religieux (film ethnographique consacré aux rites et coutumes locaux). Ces films – les premiers tournés à une telle échelle en Afrique de l’Ouest – constituent aujourd’hui un patrimoine visuel unique sur le Dahomey pré-indépendance.

Une approche ethnographique inédite

Cette démarche s’inscrivait pleinement dans le projet humaniste d’Albert Kahn. Séduit par l’initiative de ce prêtre atypique, le mécène finança la mission de 1930 à la demande du père Aupiais. Loin d’y voir une contradiction avec sa mission évangélique, celui-ci poursuivait un double objectif : documenter l’évangélisation en cours au Dahomey, tout en révélant la grandeur de la civilisation dahoméenne aux publics occidentaux.

C’est dans cet esprit qu’il supervisa la réalisation de deux longs métrages en 1930 : Le Dahomey chrétien (film de propagande missionnaire sur l’Église naissante) et Le Dahomey religieux (film ethnographique consacré aux rites et coutumes locaux). Ces films – les premiers tournés à une telle échelle en Afrique de l’Ouest – constituent aujourd’hui un patrimoine visuel unique sur le Dahomey pré-indépendance.

Défenseur des cultures africaines et de la dignité des peuples

Tout au long de sa vie, Francis Aupiais s’est battu pour faire reconnaître la richesse des cultures africaines, leur profondeur morale et leurs qualités humaines. Dès 1925, il fonde à Porto-Novo une revue pionnière, La Reconnaissance africaine, rédigée en grande partie par de jeunes intellectuels dahoméens, afin de valoriser les traditions locales et de publier des études ethnographiques menées par des auteurs indigènes. Son ambition était de dissiper le mythe d’une supériorité de l’Occident « civilisé » sur une Afrique prétendument « primitive », et de prouver que les peuples du Dahomey possédaient dès l’origine un sens moral élevé et une culture raffinée.

De retour en France à la fin des années 1920, il multiplia conférences, expositions et articles pour combattre les préjugés coloniaux. En 1926, par exemple, il organisa à Paris une exposition d’« art nègre » destinée à montrer que les Africains étaient tout aussi civilisés que les Européens, avec un art différent mais authentique. Il s’engagea également contre les injustices de son temps : il dénonça le recours au travail forcé dans les colonies, participant activement à la campagne internationale qui aboutit à son interdiction.

Au sein même de l’Église, Aupiais plaida pour une plus grande ouverture à la diversité culturelle : il intégra dans la liturgie des éléments de musique et de rites locaux, et encouragea la formation d’un clergé autochtone imprégné de la culture africaine. Ses idées audacieuses lui valurent quelques incompréhensions – sa hiérarchie missionnaire allant jusqu’à censurer la diffusion de son film ethnographique en 1931 – mais elles firent de lui un pionnier respecté de l’inculturation et un ardent défenseur de la dignité des peuples africains.

Invitation à la découverte de l’exposition

La Société des Missions Africaines (SMA) vous invite à découvrir cette exposition et le formidable héritage du père Aupiais. Plongez dans le Dahomey de 1930 à travers ses yeux : vous verrez comment un missionnaire passionné a su mettre en dialogue deux mondes – l’Occident et l’Afrique – dans un esprit de respect mutuel et d’humanisme.

L’exposition « Bénin. Aller-retour. Regards sur le Dahomey de 1930 » se tient au musée départemental Albert-Kahn jusqu’au 14 juin 2026 (2, rue du Port, 92100 Boulogne-Billancourt). Ne manquez pas ce rendez-vous exceptionnel avec l’histoire, la culture et la mémoire partagée entre la France et le Bénin.

Pour plus d’informations sur l’exposition (horaires, accès, programmation), consultez le lien suivant : Site du musée Albert-Kahn.

Ainsi, plus de 90 ans après la mission du père Aupiais, la Société des Missions Africaines (SMA) est fière de collaborer une fois de plus avec le musée Albert-Khan pour mettre en lumière l’actualité de son message : la connaissance de l’autre et le dialogue interculturel sont les clés d’un enrichissement mutuel et d’un respect profond entre les peuples.

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