Action de grâces pour les 60 ans de sacerdoce , François Moulin

Une mission commencée au Bénin

Parti en Afrique en septembre 1967, François Moulin est d’abord envoyé au Dahomey, aujourd’hui République du Bénin. Il y découvre une Église locale en pleine évolution, où le clergé autochtone prend progressivement des responsabilités longtemps assumées par les missionnaires.

Accueilli par deux confrères béninois avec lesquels il vit une année entière, il garde de cette période le souvenir d’un compagnonnage précieux. À Cotonou, alors sous l’épiscopat de Mgr Bernardin Gantin, il est nommé curé de la paroisse du Bon Pasteur.

Ces années lui permettent d’accompagner la vie paroissiale, de participer aux rencontres de prêtres et de préparer l’avenir par l’acquisition de terrains destinés à de nouvelles implantations. Plusieurs années plus tard, il aura la joie de constater que de nouvelles paroisses y ont vu le jour.

En Centrafrique, accompagner les communautés naissantes

Après le Bénin, François Moulin rejoint la Centrafrique, où des communautés de Pères des Missions Africaines viennent de s’implanter.

Responsable d’une paroisse à la périphérie de Bangui, il s’engage particulièrement dans l’animation des communautés de quartier. La formation des catéchistes, le partage de la Parole de Dieu et l’accompagnement des responsables locaux deviennent alors le cœur de sa mission.

Dans les villages alentour, de petites communautés chrétiennes se développent. Il faut les soutenir, les former, puis construire des chapelles pour leur permettre de se rassembler. C’est aussi à cette époque qu’est fondée, sur la paroisse, la première congrégation religieuse du pays : les Petites Sœurs du Cœur de Jésus.

François Moulin évoque également des années marquantes vécues auprès des populations pygmées, avec le souci d’aider les catéchistes des villages et d’ouvrir les communautés à l’accueil des nouveaux chrétiens issus de cette ethnie.

Au Niger, former et soutenir dans la durée

Après deux années de recyclage au Canada, ses supérieurs lui demandent de partir au Niger afin de partager son expérience pastorale avec de jeunes confrères africains de la SMA.

Envoyé parmi les Gourmantché, il y vit d’abord une année, avant de rejoindre Niamey en raison de circonstances douloureuses liées à l’insécurité. Mais son attachement aux communautés chrétiennes naissantes le conduit à demander à pouvoir continuer à les visiter régulièrement.

Accompagné d’un catéchiste permanent, il repart finalement vivre dans cette paroisse de brousse. Là encore, sa priorité demeure la formation régulière des responsables de communautés.

Une mission aussi tournée vers le développement humain

Au Niger, une grande partie de son temps est également consacrée au développement local : forages pour l’accès à l’eau potable, creusement de puits pour les jardins, installation de petits moulins pour écraser le mil, lancement de la culture attelée avec des charrues tractées par des ânes.

À ces actions concrètes s’ajoute la construction de chapelles, demandées par les nouvelles communautés chrétiennes.

Rendre grâce pour une vie donnée

À travers ce témoignage, François Moulin relit son parcours comme une action de grâce. Il y reconnaît l’œuvre patiente de l’Esprit Saint, la générosité des communautés rencontrées, ainsi que le soutien fidèle des familles, parents et amis qui ont rendu possibles de nombreuses réalisations.

Son itinéraire rappelle combien la mission SMA se vit dans la durée : par la présence, la formation, l’écoute, le service des communautés locales et l’attention aux besoins concrets des populations.

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